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Un air mystérieux plane au-dessus de la Plaine
des Jarres. Le folklore local raconte qu'au 6ème siècle,
le roi guerrier Khun Jeuam fit venir son armée du Sud
de la Chine et triompha du diabolique chef de clan Chao Angka.
La rude bataille fut suivie d'une grande fête durant
laquelle des centaines de jarres gigantesques remplies de
Lao-Lao, vin à base de riz, ont été consommées.
Khun Jeuam était apparemment aussi mauvais dans le
domaine du rangement qu'il était bon instigateur de
banquets. Aussi laissa-t-il derrière lui les jarres
vides, dont près de 300 restent éparpillées
autour des basses plaines à côté de Phonsavan,
y compris sa propre "Coupe de la Victoire" pesant 6 tonnes.
Il y a quelques preuves physiques laissant à penser
que cette légende fantaisiste contient au moins un
soupçon de vérité. La majorité
des guerres se sont déroulées sur les plaines
des siècles durant. Les armées Laotiennes, Siamoises
et Vietnamiennes s'y sont affrontées dans le but d'en
avoir le contrôle. Au 19ème siècle, les
bandits Chinois pillèrent plus en profondeur les plaines.
Ainsi, lorsque l'archéologue française Madeleine
Colani arriva au milieu des années 1930, pratiquement
tout ce qui restait de l'ancienne civilisation des plaines
étaient les jarres.
Colani affirmait avoir découvert des colliers, des
bronzes et autres objets artisanaux qui laissaient penser
que les jarres étaient des urnes funéraires
datant de plus de 2000 ans - une opinion partagée par
de nombreux chercheurs de nos jours. Cependant, Colani ne
put faire la lumière sur la façon dont ces énormes
jarres, sculptées dans du calcaire non-indigène,
ont pu être transportées jusqu'aux plaines -
ou pourquoi un si grand nombre d'entre elles est resté
intact, en dépit des siècles de guerre. Un autre
mystère entoure les objets artisanaux découverts
par Colani sur le site, car ils ont tous disparu depuis.
Enfin, un dernier mystère à signaler: de nombreux
combats ont ravagé ces plaines, dont les plus dévastateurs
furent les batailles secrètes et les raids aériens
de la Seconde Guerre Indochinoise. Des centaines de milliers
de bombes sont tombées sur les plaines, détruisant
entre autres la belle ville de Xiang Kuang ainsi que ses temples.
Des batailles ont été livrées et perdues
parmi les jarres. Des bombardiers américains ont aussi
largué sur les plaines leurs bombes inutilisées
au retour des raids sur le Vietnam. Pourtant, malgré
les dévastations alentours, les jarres restent quasiment
intactes.
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