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Bien que des archéologues aient découvert des
outils en pierre et autres objets fabriqués sur plusieurs
sites au Laos qui indiquent que l'implantation de l'homme
daterait de plus de 10.000 ans, l'histoire du pays tel qu'on
le connait aujourd'hui débute réellement avec
le premier royaume unifié à s'y établir,
Lane Xang. Il fut fondé par le prince Fa Ngoum en 1349.
Celui-ci réunit les banlieues disparates qui s'étaient
développées dans tout le pays et instaura le
Bouddhisme Theravada comme religion officielle. Depuis sa
capitale de Luang Prabang, ce roi charismatique et brillant
tacticien a étendu son pouvoir sur tout le territoire
qu'est aujourd'hui le Laos, allant même jusqu'aux contrées
Nord et Est de la Thaïlande.
Au 16ème siècle, sous la menace des envahisseurs
Siamois, Birmans et Chinois, la capitale du royaume chancelant
de Lane Xang fut délocalisée à Vieng
Chan (Vientiane) par le Roi King Setthathirat en 1560. Les
Birmans ne furent pas pour autant déstabilisés
par cette manœuvre tactique et finirent par entrer dans la
ville en 1575, l'occupant pendant sept ans et sonnant finalement
le glas du jadis puissant Lane Xang.
A la suite du retrait des Birmans à la fin du 16ème
siècle, les royaumes de Luang Prabang et Vieng Chan
se substituèrent à celui de Lane Xang. Il furent
réunifiés en 1591 sous l'autorité du
Roi Nokeo Koumane. Le 17ème siècle vit le nouveau
royaume entrer dans son âge d'or avec l'arrivée
des commerçants Européens qui clamaient que
la capitale, Vieng Chan, était la plus belle ville
de tout le Sud-Est Asiatique. Pourtant, cette période
de prospérité prit fin moins d'un siècle
plus tard quand les seigneurs féodaux luttèrent
pour monter sur le trône vide, entraînant finalement
la chute du royaume. Partagé alors en trois subdivisions
instables, Luang Prabang, Vieng Chan et Champassak, il n'était
plus suffisamment puissant pour repousser les ambitions du
nouveau royaume Siamois de King Taksin. Luang Prabang tomba
sous l'autorité Siamoise et Vien Chang et Champassak
furent réduits au statut de vassal. Après des
années à rendre hommage aux rois Siamois, une
guerre désastreuse éclata en rebellion à
cette domination, provoquant la perte des deux royaumes et
entraînant malheureusement aussi la totale destruction
de la magnifique ville de Vieng Chan.
A
la fin du 19ème siècle, les ambitions Européennes
dans la région inquiétèrent les rois
Siamois pendant de nombreuses années. En 1893, pour
s'assurer que les colonialistes Français ne contesteront
pas leur souveraineté dans leur propre pays, le royaume
de Siam leur offrit le Laos. Les Français ne tardèrent
pas à réaliser que cette colonie ne représentait
pas tout à fait la grande acquisition qu'ils avaient
espéré. De plus, ils avaient largement surestimé
le rôle de porte commerciale d'accès à
la Chine de la Rivière Mekong. Dès lors, ils
firent du Laos un protectorat, laissant ainsi plus de liberté
aux Laotiens dans l'administration du pays.
La défaite de la France face à l'Allemagne
et l'occupation de l'Indochine par les Japonais lors de la
deuxième guerre mondiale déclenchèrent
une nouvelle montée du nationalisme au sein du peuple
Laotien. Sentiment encore exacerbé quand les troupes
Japonaises obligèrent le Roi pro-français Sisavang
Vong à déclarer son indépendance vis-à-vis
de la France durant les mois les plus terribles de la guerre.
La reddition du Japon le 14 Août 1945 laissa un vide
dans le pouvoir au Laos, que les Français n'étaient
pas en mesure de combler à cet instant. Pendant un
peu plus de six mois, le Laos fut indépendant. Mais
avec l'aide des Anglais et des forces Laotiennes pro-françaises,
les colonialistes occupèrent à nouveau Vientiane
en Avril 1946. Cependant, les graines de la liberté
avaient été semées. En Octobre 1953,
les Français, dont les richesses étaient considérablement
entamées par la guerre du Vietnam, finirent par céder
et donner son entière indépendance au Laos.
La situation politique resta cependant très instable
durant de nombreuses années, menant finalement à
une guerre civile entre les Nord-Vietnamiens soutenant Pathet
Lao (Territoire du Laos) et les forces Royalistes financées
par les Etats-Unis.
Les Accords de Paris de Janvier 1973, qui virent la fin de
l'implication des Etats-Unis dans le conflit Vietnamien, furent
suivis un mois plus tard par la cessation des hostilités
entre les partis opposés du Laos, conduisant enfin
à la formation d'un gouvernement de coalition.
Avec la chute de Phnom Penh et Saigon face aux forces Communistes
en Avril 1975, beaucoup de Royalistes virent la rédemption
finale du pays par le Pathet Lao comme une renonciation et
s'enfuirent en France. Au mois d'Août, en un geste symbolique,
un groupe de cinquante femmes-soldat de l'armée Pathet
Lao entrèrent dans Vientiane et la libérèrent.
La République Démocratique du Laos naquit le
2 Décembre 1975.
Le Laos entre alors dans une période d'isolement jusqu'à
la fin des années 70, ne maintenant des relations diplomatiques
et économiques qu'avec le Vietnam et l'URSS. Voyant
échouer sa tentative d'établir un état
socialiste basé sur le modèle collectiviste
du Bloc de l'Est, le gouvernement Laotien se dirige vers une
forme de socialisme moins rigide, démantelant les coopératives
agricoles en 1979, instituant de nouvelles réformes
économiques en 1986, ouvrant ainsi la porte à
une économie de marché.
Ces dernières années, le Laos a fait un grand
pas vers son acceptation internationale et son intégration
dans l'économie mondiale. L'inauguration en 1994 du
Friendship Bridge (Pont de l'Amitié), reliant Vientiane
et Nong Khai en Thaïlande et financé par les Australiens,
ainsi que l'entrée du pays en 1997 comme membre de
l'ASEAN sont deux événements importants dans
cette optique.
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